La guerre Bing versus Google : Bing contre-attaque sur de nouveaux terrains

Être un concurrent direct de Google n’est sûrement pas facile tous les jours...

On apprenait il y a quelques jours qu’Apple avait décidé de remplacer Bing par Google sur IoS et Mac. Désormais, les utilisateurs des produits Apple effectueront donc leurs recherches Web par défaut sur Google.

Un nouveau coup dur pour Bing, qui n’en est pourtant pas à sa première déconvenue.

8 années de concurrence frontale

Bing, qui s’appelait précédemment Live Search a été lancé en juin 2009 et a été élaboré par Microsoft.

Contrairement à de nombreux moteurs qui ont opté pour un positionnement différent de celui de Google (respect de la vie privée, moteurs de questions/réponses, etc), Bing est depuis ses débuts un concurrent frontal : on retrouve les différentes variantes du moteur : Web, News, Images, Videos, Maps, les fonctionnalités de recherche sont très similaires, etc.

Mais Bing n’a jamais réussi à dépasser Google ni même s’en approcher en terme de popularité.

  • En 2010, Google avait 90 % de parts de marché en France, contre 3 % pour Bing alors qu’aux Etats-Unis, Bing atteignait 7 % contre 85% pour Google ;
  • En 2012, Bing tournait toujours autour des 3 % en France mais autour des 9% aux Etats-Unis ;
  • Même si on avait pu lire en 2015 que Bing progressait beaucoup aux Etats-Unis et avait presque atteint 20% de parts de marché, les statistiques semblaient montrer que c’était en réalité plutôt stable ;
  • Aujourd’hui les parts de marché de Bing aux Etats-Unis sont toujours estimés à plus ou moins 7% et à 5% en France.

Source : http://gs.statcounter.com

De son côté, Bing a récemment publié des statistiques indiquant qu’il aurait 19 % des parts de trafic en France et 33% aux Etats-Unis... Chiffres incohérents par rapport à ceux publiés sur Statcounter. Même s’il est impossible pour nous de savoir qui dit vrai, toujours est-il que Bing est et reste toujours loin derrière Google.

Preuve en est la série de tentatives désespérées de Microsoft pour fidéliser ses utilisateurs. On apprenait ainsi en juin dernier que Microsoft allait lancer en France son programme de fidélité Rewards qui permet aux utilisateurs effectuant des recherches dans Bing de cumuler des points permettant ensuite d’acheter des produits et contenus Microsoft. Notons que ce programme existe depuis 2010 aux Etats Unis.

Certains spécialistes pointent d’ailleurs le fait que de nombreux internautes utilisent Bing plus « par hasard » que par véritable conviction. Bing est en effet proposé par défaut sur un certain nombre de produits notamment Microsoft. Il semblerait même que l’une des principales requêtes sur Bing ne soit autre que le mot-clé « Google »...

Et si Bing avait en fait opté pour un autre angle d’attaque ?

Mais depuis quelques mois, on voit apparaître de nouveaux produits et services proposés par Bing et qui s’attaquent à un autre créneau que celui de la recherche Web généraliste et traditionnelle.

Le cas des moteurs personnalisés

Le premier en date est le développement d’un moteur de recherche personnalisé similaire à celui de Google CSE.

Rappelons que Google CSE (Google Custom Search Engine) permet à n’importe quel internaute de créer un moteur de recherche avec les sources qu’il a choisies (attention cependant : seules les pages indexées par Google seront « recherchables »). Google CSE existe depuis 2006 et, pour le moment, il n’est pas question pour Google de le supprimer. Cependant, le service n’a pas évolué depuis des années.

Bing a ainsi annoncé en mai dernier le lancement de Bing Custom search. Seule différence avec Google : si le produit est gratuit pour le moment (nous les testerons dans une prochaine newsletter), il semble qu’une offre payante soit prévue pour l’automne.

En juillet, Bing a d’ailleurs indiqué avoir augmenté la limite de requêtes qu’il est possible de faire dans son moteur personnalisable à 20 000/mois.

Et alors que Google a annoncé la fermeture de Site search qui permettait aux entreprises de mettre en place un moteur interne sur leur propre site utilisant la technologie de Google et les a invités à basculer sur Google CSE, Bing, lui, vient tout juste d’annoncer le lancement de Bing for business, un moteur de recherche personnalisé pour les entreprises.

On peut donc se demander si la stratégie de Bing ne serait pas de reprendre les produits abandonnés par Google ou ne bénéficiant plus de mises à jour et évolutions. A quand un Bing Reader ou un Bing Alertes ?

Une tentative de démarcation sur la recherche visuelle et vocale

Il y a deux autres domaines sur lesquels Google est bien évidemment actif mais où Bing semble vouloir tirer son épingle du jeu : la recherche vocale et la recherche visuelle.

Pour l’aspect visuel, on apprenait récemment que Bing venait d’améliorer ses fonctionnalités de recherche d’images et notamment de reconnaissance d’objets. Les internautes pouvaient d’ores et déjà effectuer des recherches sur des objets présents au sein d’une image. Mais il fallait pour cela qu’ils entourent manuellement l’objet en question dans l’image. Désormais, le moteur est capable de détecter automatiquement les objets au sein des images et l’internaute n’aura plus qu’à cliquer sur la petite icône pour lancer la recherche sur des objets similaires. Pour l’instant cela ne fonctionne que sur la version desktop et non mobile.

De son côté, on sait que Google travaille depuis des années sur la reconnaissance d’objets au sein des images et des vidéos mais il ne propose pas, à l’heure actuelle, de fonctionnalités similaires sur son moteur d’images.

Du côté de la recherche vocale, il semblerait que Microsoft puisse également être un concurrent très sérieux de Google.

Une étude publiée il y a quelques mois par Microsoft indiquait que la technologie de reconnaissance vocale de Microsoft affichait un taux d’erreur de 5.1% seulement (c’est à dire qu’elle ne parvenait pas à reconnaître un mot prononcé dans 5.1% des cas seulement). Sur ce plan là, Microsoft fait donc mieux que Google.

L’assistant personnel Cortana développé par Microsoft utilise Bing pour la recherche. Mais ce qui a récemment mis en lumière la recherche vocale de Microsoft, c’est le récent accord signé entre Microsoft et Amazon permettant à leurs deux assistants personnels Alexa et Cortona de communiquer entre eux.

Mais comme nous avions déjà eu l’occasion de le mentionner dans un précédent article, la recherche vocale n’a qu’un intérêt limité pour la veille et la recherche d’information.

Bing, quel intérêt pour la veille et la recherche d’informations ?

Comme nous le mentionnions la semaine dernière, Google est et reste un incontournable pour la veille et la recherche d’information.

Pour autant Bing est, de loin, le meilleur complément avec des fonctionnalités de recherche dignes de ce nom et une pertinence des résultats proche de celle de Google.

Dans un article intitulé « Alternatives à Google : est-ce vraiment utile ? » paru en décembre 2016 dans notre revue NETSOURCES, nous avions pu constater le peu de résultats communs entre Google et Bing sur les premières pages de résultats pour une même requête.

Auteur : Carole Tisserand-Barthole, rédactrice en chef de BASES et NETSOURCES

Vous souhaitez recevoir nos astuces et nos conseils de veille ?

Inscrivez-vous à notre newsletter  

Espace membres

Partenaires dans le monde

partenaires monde

Nos bureaux

plan bureaux