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Veille concurrentielle : les risques des sources gratuites
Autrice : Carole Tisserand-Barthole, rédactrice en chef de BASES et NETSOURCES
Veille concurrentielle
Sources payantes
Méthodologie
La veille stratégique et concurrentielle est un sujet clé pour les entreprises. Mais pour des raisons budgétaires, elle se limite trop souvent aux sources d'information gratuites.
La prolifération des contenus gratuits sur le web y est évidemment pour quelque chose. Bon nombre d'outils de veille se présentent d'ailleurs comme des solutions de surveillance globale, alors qu'ils ne surveillent aucune source payante.
Même si les sources gratuites font remonter des masses d'informations, on rate paradoxalement beaucoup de choses. Notre expérience montre que le tout-gratuit, sur un secteur industriel, ne couvre qu'environ un quart de l'information disponible.
Un exemple concret
Prenons une veille sur une société minière cotée, Endeavour Mining. Google et Google Actualités donnent beaucoup de résultats : actualités du groupe, résultats financiers, nominations.
Premier problème, le bruit
Le nom de la société est composé de mots courants en anglais, ce qui génère un bruit considérable. Trier devient difficile avec les moteurs de recherche généralistes.
Une recherche sur des agrégateurs de presse comme Factiva ou LexisNexis, qui indexent des dizaines de milliers de journaux sur abonnement, permet en revanche de cibler précisément la bonne entreprise, grâce à un système d'indexation et à des fonctionnalités de recherche élaborées.
Les bases de données financières, comme celles de Bureau van Dijk ou de Dun & Bradstreet, permettent quant à elles d'obtenir sans ambiguïté des données financières précises, ainsi que des informations sur les nominations, la structure hiérarchique ou les opérations de fusion et acquisition.
Deuxième problème, l'accès
Les articles a priori les plus intéressants de la liste de résultats sont presque tous issus d'une même publication spécialisée. Or seules les premières lignes en sont accessibles gratuitement, le reste étant payant. Et il est impossible de trouver d'autres articles de presse, réellement gratuits, mentionnant les mêmes informations.
Les agrégateurs de presse font ressortir plusieurs analyses dont on ne trouve aucun équivalent sur le web gratuit.
Se priver des sources payantes, c'est passer à côté du stratégique
Dans cet exemple, l'information la plus décisive se trouvait exclusivement dans les sources payantes. Quel que soit le sujet de veille, on arrive généralement au même constat.
Cela ne signifie pas qu'il faille tout acheter. Cela signifie qu'une veille sérieuse suppose de savoir quelles sources payantes sont pertinentes pour un secteur donné, comment les interroger, et à quel moment leur coût est justifié par la valeur de ce qu'elles apportent.
C'est précisément le travail que nous menons pour nos clients, en combinant sources gratuites et accès professionnels selon les besoins réels de chaque veille.
