Les livrables de veille à l’heure de la mobilité et du temps réel

Auteur : Carole Tisserand-Barthole, rédactrice en chef de Bases et Netsources

Le salon I-expo, le salon de l’information et de la veille s’est tenu au parc des expositions porte de Versailles les 21, 22 et 23 mars.

16 conférences et ateliers se sont succédés au cours de ces trois jours et nous aurons l’occasion d’en proposer un compte-rendu détaillé dans le prochain numéro de notre revue Bases (avril 2017).

Nous avons choisi ici de revenir sur la conférence portant sur les livrables de veille, un sujet clé pour tous les veilleurs et d’en présenter les enseignements clés.

Cette conférence s’intitulait : « Les livrables de veille à l’heure de la mobilité et du temps réel : quelles innovations en production et diffusion des contenus pour faciliter la prise de décision stratégique ? ».

Parmi les intervenants, on comptait deux veilleurs et professionnels exerçant au sein de grandes entreprises et deux éditeurs d’outils.

On retiendra de cette conférence les deux témoignages et retours d’expériences qui apportaient un éclairage opérationnel sur le sujet.

De la veille 1.0 à la veille 2.0 à travers ses livrables

Julie Egal, en charge du Market & Competitive Intelligence dans une grande entreprise du tourisme a tout d’abord insisté sur la nécessaire remise en cause des livrables les plus traditionnels :

  • un unique modèle de livrable diffusé ensuite largement au sein de l’entreprise
  • une fréquence de diffusion peu soutenue et donc à des années lumières du temps réel, notamment en raison de la lourdeur du processus de validation de l’information en pratique dans bon nombre de grandes entreprises
  • des formats peu attractifs.

Ce type de livrables est en effet de plus en plus éloigné de la réalité des opérationnels et notamment du top management qui sont toujours plus dans le temps réel, adeptes des outils mobiles et disposant de très peu de temps. Ils sont d’ailleurs plus en demande d’information que de données et il est donc de plus en plus important de contextualiser l’information, de la recouper avec d’autres éléments et de proposer de l’analyse.

Elle propose ainsi quatre grands chantiers :

  • mise en place d’outils et de livrables personnalisés adaptés aux outils mobiles (comme Scoop-it, Flipboard, Pocket, récupération de flux RSS à partir d’une plateforme de veille payante et lisible sur mobile via des lecteurs comme Newsify ou Feedly, recours à une réseau social d’entreprise comme livrable adapté à la lecture mobile) ;
  • développement d’une démarche collaborative où le destinataire n’est plus uniquement lecteur mais également contributeur ;
  • rédaction de contenus synthétiques avec un gros travail d’éditorialisation et de synthétisation de l’information ;
  • mise en place d’un plan de communication pour que les évolutions et changements soient bien intégrés et connus des collaborateurs.

Néanmoins, ces évolutions se heurtent nécessairement à plusieurs difficultés :

  • difficile conciliation du temps réel et du circuit de validation interne à l’entreprise ;
  • difficile conciliation du temps réel et de la nécessité de vérifier et valider les informations identifiées ;
  • difficulté à trouver un bon compromis entre le coût de la solution choisie et la sécurité des données ;
  • frein lié à la culture d’entreprise.

La veille et ses livrables en 2017 se doit donc d’être proactive, multicanal, collaborative et évidemment soutenue en interne au niveau du top management notamment par un système de sponsoring.

De l’importance du visuel

L’autre retour d’expérience était celui d’Olivier Cocaud, Knowledge Manager in Technological Intelligence chez L’oréal.

Après avoir constaté que les rapports qu’il produisait n’étaient pas toujours lus, ce qui s’expliquait surtout par le fait que les collaborateurs étaient envahis par l’information de toutes parts, il a choisi de se focaliser sur l’aspect visuel de ses livrables en intégrant de plus en plus d’images et d’infographies.

Son but : fournir de l’ « intelligence » au sens anglo-saxon du terme à ses destinataires plutôt que de l’information et réussir à susciter leur intérêt.

Son processus de veille se décline désormais de la manière suivante :

  • collecte d’information avec un volume d’information considérable et non traitable humainement ;
  • agrégation de l’information pour la digérer en lui associant des métadonnées. Il y a un véritable intérêt à recourir à des plateformes de veille pour cet aspect ;
  • capitalisation de l’information en y associant des commentaires et des liens vers d’autres éléments et pièces d’informations ;
  • restitution graphique (dataviz, clusterisation, cartes, etc) pour donner du sens à l’information sans avoir à tout parcourir.

Depuis qu’il a adopté cette posture, il constate un impact plus fort des livrables de veille qu'il diffuse et remarque que ce format suscite la curiosité de ses interlocuteurs.

Pour en savoir plus sur les livrables de veille, nous vous invitons à lire ou relire notre numéro spécial de Bases intitulé « l’avenir de la veille à travers ses livrables ».

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