RSS, Twitter, Facebook, LinkedIn et les autres: surveille-t-on vraiment la même chose ?

Il y a une dizaine d’années, la surveillance des flux RSS étaient au cœur du processus de veille et offrait un moyen simple et efficace pour suivre les nouveautés d’un site sans se rendre sur celui-ci et sans recourir à un outil de surveillance de pages généralement payant et moins intuitif.

Mais force est de constater que le RSS semble avoir perdu de sa splendeur au profit des réseaux sociaux. De nombreux sites ont ainsi supprimé leurs flux RSS, du moins en apparence, mais proposent toutes une collection de boutons Twitter, Facebook, LinkedIn, YouTube, Instagram, Pinterest etc. pour suivre, a priori, leur actualité.

Si nous avons déjà eu l’occasion de montrer dans un précédent numéro de BASES que le RSS était loin d’avoir dit son dernier mot (« Le RSS est-il encore un atout pour la veille ? » BASES n°351 – septembre 2017), nous avons cette fois-ci choisi de nos intéresser aux sites qui proposent à la fois des flux RSS et des comptes sur les médias sociaux.

Les contenus disponibles dans le ou les flux RSS sont-ils les mêmes que ceux proposés sur les comptes Twitter, Facebook, Linkedin, etc associés à ces sites ? Faut-il choisir de n’en surveiller qu’un seul ou bien sont-ils complémentaires et méritent-ils tous d’être mis sous surveillance ?

Flux RSS : une surveillance complète et non biaisée

Les flux RSS présentent l’avantage de pouvoir surveiller les nouveautés d’un site web, d’une page ou d’une rubrique sans qu’aucune sélection implicite ne soit réalisée.

Le contenu du flux RSS reprend en principe l’intégralité des nouvelles actualités classées par ordre antéchronologique.

Attention cependant, beaucoup de sites notamment institutionnels ou d’entreprises proposent des flux RSS pour certaines rubriques uniquement comme les actualités, les communiqués de presse, l’agenda, etc. et non l’intégralité des pages et rubriques qui composent leur site Web.

Autre élément intéressant et à prendre en compte, certains sites et notamment les sites de presse peuvent proposer un nombre important de flux RSS thématiques, ce qui permet de mieux cibler sa veille, à l’image par exemple du site du Monde qui propose plus de 100 flux RSS différents.

Médias sociaux : une sélection de l’information mais des contenus à valeur ajoutée

Quant à eux, les différents comptes sur les médias sociaux associés à un site Web ne reprennent pas nécessairement l’intégralité des nouveaux contenus publiés sur le site en question, loin s’en faut.

D’ailleurs lorsqu’un site Web dispose d’une présence sur plusieurs médias sociaux (Twitter, Facebook, LinkedIn, You Tube, etc.), les contenus publiés sur les différents médias sont souvent différents.

Les contenus « corporate » seront plutôt sur Twitter et LinkedIn, Facebook sera plutôt utilisé pour toucher le grand public, Snapchat pour atteindre un public jeune, YouTube pour publier des vidéos, Instagram et Pinterest pour les images.

Et le problème de sélection et de filtrage des contenus se complique si l’on choisit de suivre ces différents comptes via une plateforme de veille, un lecteur de flux RSS ou directement dans Facebook, Twitter, Linkedin, ou les autres. Nous aborderons ce sujet dans un prochain article.

De façon générale, privilégier le flux RSS d’un site au détriment des comptes sur les médias sociaux peut être réducteur. Ces comptes peuvent contenir une mine d’informations pertinentes pour la veille que l’on ne retrouve pas sur le site Web : curation de contenus et liens vers des contenus externes, discussion avec des internautes, autres contenus vidéos ou visuels, etc.

Quelques exemples

Pour illustrer les différences qui peuvent exister entre les contenus présents dans un flux RSS et les contenus publiés sur les médias sociaux, nous avons décidé d’analyser 4 sites très différents proposant tous parallèlement des flux RSS et des comptes sur les médias sociaux :

Le site BNP Paribas propose 13 flux RSS thématiques qui permettent d’avoir une bonne vision des nouveautés du site. Les différents comptes sur les médias sociaux sont en revanche très différents. Sur Twitter par exemple, on ne visualise que des contenus en anglais et on constate que toutes les actualités du site ne sont pas nécessairement reprises. On revanche, ce compte permet d’accéder à des contenus issus des autres sites du groupe.

Les Echos disposent de 49 flux RSS thématiques, ce qui est très utile dans un contexte de veille. Le compte Twitter des Echos par contre ne reprend pas l’intégralité des nouveaux articles publiés sur le site mais une sélection seulement. Il en est de même pour le compte Facebook et LinkedIn.

Pour l’Union des industries textiles, le flux RSS reprend les quelques actualités du site, peu nombreuses et le contenu de la rubrique agenda. Le compte Twitter est quant à lui très riche et propose une curation de contenus sur l’industrie textile avec de nombreux contenus issus de sites de presse en France et à l’étranger, des acteurs du secteur, d’autres associations, etc. La page Facebook en revanche se contente d’annoncer quand la newsletter est sortie...

Enfin, pour la Communauté de communes du pays d’Ancenis, on constate que le flux RSS permet de suivre toutes les nouvelles actualités du site alors que la page Facebook se contente de reprendre les événements à venir et que le compte Twitter n’est plus mis à jour depuis 2016.

A travers ces différents exemples, on constate qu’il est difficile d’en extraire un modèle s’appliquant à toutes les situations.

Ce que l’on peut retenir :

  • le flux RSS reprend généralement, au minimum, l’intégralité de la rubrique actualité d’un site;
  • les publications sur les médias sociaux ne reprennent bien souvent qu’une sélection du contenu du site;
  • ces comptes sur les médias sociaux peuvent proposer des contenus complémentaires adaptés à chaque type de public.

Flux RSS ou médias sociaux : au cas par cas

Au final, l’abonnement au(x) flux RSS et aux comptes sur les médias sociaux s’avèrent souvent complémentaires. Mais attention tout de même à ne pas tout mettre systématiquement sous surveillance au risque d’avoir trop de contenus non pertinents ou redondants.

Lors de la phase de sourcing, on ne saurait que trop conseiller de regarder dans le détail quel type de contenu l’entreprise ou l’organisation propose sur les médias sociaux afin de déterminer son adéquation avec sa problématique de veille.

Auteur : Carole Tisserand-Barthole, Rédactrice en chef de BASES et NETSOURCES

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